Cent commentaires.com
Un blogue politique québécois

Béchard renvoie Hydro à ses devoirs

Par Claude Boucher
le 4 février 2009 à 03:02

Permalien | Trackback | Liens |

Aucun commentaire |
Classé dans Hydro-Québec, Politique Québec

La décision du ministre Claude Béchard qui a refusé le plan stratégique d’Hydro-Québec et l’oblige à refaire ses devoirs est très intéressante. On ne voit pas ça très souvent un ministre des Ressources naturelles qui sermonne Hydro (en public).

Mais la critique est justifiée dans les circonstances actuelles. Au cours des cinq dernières années, Hydro a joué avec brio la carte de l’arbitrage dans les marchés de l’électricité de New York et de la Nouvelle-Angleterre. Tellement bien en fait qu’il est maintenant normal d’entendre parler des bénéfices faramineux de la société d’État (qui reviennent indirectement dans nos poches de contribuables par les programmes gouvernementaux). On ne parle pas de pinottes. En 2007, on parle de 2,5 2,095 milliards $ de dividendes pour un chiffre d’affaire de 12 milliards $. On comprend pourquoi Claude Garcia salive à l’idée d’une privatisation qui ne fait aucun sens. Briser un monopole et le privatiser afin de faire augmenter les prix de 50% pour le consommateur? Dormiez-vous dans votre cours d’introduction à la microéconomie?

Revenons à nos oignons. Hydro est capable de bien jouer les bourses de l’énergie et de maximiser ses profits en profitant de sa capacité à pouvoir stocker (dans ses réservoirs) l’électricité achetée à bas prix au milieu de la nuit pour la revendre à profit à l’heure de pointe. Et le plan original devait probablement suggérer de poursuivre dans la même voie.

L’actionnaire évalue maintenant que le marché est revenu où il était dans les années 1980, au sortir de la récession. On doit vendre à long terme, pour garantir la demande et un bon financement tout en investissant rapidement pour être prêt au virage vert que les États-Unis devraient prendre sous la présidence Obama.

L’avantage d’Hydro dans un tel contexte est évident. On ne peut pas remplacer une centrale au charbon par un parc d’éoliennes. Or, le charbon sert à la charge de base de la plupart des réseaux électriques en Amérique du Nord, il est peu cher et il est modulable à souhait. Mais il pollue: émissions de GES, SO2, NOx, COV, particules fines… Le produit d’Hydro-Québec peut faire la même chose que du charbon, mais en beaucoup plus propre. Il peut le faire maintenant à un prix concurrentiel.

Avec le chantier d’Eastmain-1A-Sarcelle-Rupert en route (je ne serais pas surpris de le voir mis en service partiellement dès 2010) et l’évaluation environnementale de La Romaine presque complétée, je ne serais pas surpris de commencer à entendre parler d’un nouveau projet dans les prochains mois.

Déjà, il y a les projets d’interconnexions avec l’Ontario (1250 MW) et la ligne 735kV entre Chénier-Outaouais qui sera mise en service l’an prochain. Ensuite, une autre interconnexion en CC avec la Nouvelle-Angleterre (1200 MW), qu’on discute ces jours-ci au FERC (dossier EL09-20).

Des investissements à coups de milliards sont certainement les bienvenus dans le contexte des difficultés du secteur du papier et de l’aluminium, en grosse déprime. Voir à ce sujet la déclaration de Charest sur les huit centrales d’AbitibiBowater — 525 MW, dont McCormick à Baie-Comeau.

Pour le gouvernement Charest, l’heure est aux contrats bourassiens à long terme. Stimuler l’économie maintenant et vendre de l’électricité pour 20 ans est probablement la meilleure chose à faire dans les circonstances.

MAJ: Excellents arguments économiques en faveur du maintien de l’économie mixte par John Quiggin

Le Québec doit reprendre les Plaines d’Abraham

Par Claude Boucher
le 3 février 2009 à 04:02

Permalien | Trackback | Liens |

Aucun commentaire |
Classé dans Politique Québec

La lecture du Devoir de ce matin est édifiante. Antoine Robitaille retrace le parcours sulfureux d’André Juneau, ancien maire de Cap-Rouge, magouilleur ultra-fédéraliste, et président de la Commission des champs de bataille nationaux à l’aide du blogueur Alain Lavallée. Rien pour n’inspirer confiance.

Et le deuxième punch vient de ce grand commis de l’État québécois, Louis Bernard, qui dans le courrier des lecteurs, qui dit clairement ce qui échappe à tous: Le fédéral est propriétaire des Plaines d’Abraham, il peut donc en faire ce qu’il veut.

La réponse est plus simple. Si ce projet irréfléchi a pu naître aujourd’hui, c’est que les plaines d’Abraham et la citadelle de Québec, 250 ans après la bataille, appartiennent toujours au gouvernement du Canada. Les plaines ont leur propre gouvernement, leurs propres règlements, leur propre police, et les lois du Québec ne s’y appliquent pas. C’est un État dans l’État. Et ce sont simplement ces autorités canadiennes en terre québécoise, qui, tout naturellement, ont eu la merveilleuse idée de célébrer l’événement auquel elles doivent leur existence et par lequel elles souhaitent rappeler leur importance.

Après 250 ans, ne serait-il pas temps de remettre ces terres aux Québécois?

sudo reboot -n

Par Claude Boucher
le 20 juin 2008 à 11:06

Permalien | Trackback | Liens |

Aucun commentaire |
Classé dans Cuisine interne

Il y a tellement longtemps que je n’ai pas écrit un article sur ce blogue que la mauvaise herbe grimpe jusqu’au genou. Alors voilà! Je recommence à écrire. Pour le fun et sans complexe. Fini les brouillons non complétés, qui s’accumulaient sans être terminés (j’ai 5 de ces brouillons qui ont pourri dans mon interface d’administration). Maintenant je publie ce que je pense.

Quelques notes sur l’orientation de ce blogue:

  1. Je me suis inscrit au groupe des blogueurs souverainistes. Je suis souverainiste et je compte écrire des billets sur la question nationale au Québec . Cependant, ce ne sera pas le seul sujet qui sera abordé dans ce blogue.
  2. Je compte m’intéresser et publier plus de textes sur la question de la question du logiciel libre, de la démocratie et des libertés individuelles à l’ère du numérique. Comme le faisaient remarquer plusieurs commentateurs dans le blogue de Michael Geist, il semble exister une grande indifférence au Québec sur cette question, notamment au sujet de l’odieux projet de loi C-61 déposé la semaine dernière à Ottawa. Je reviendrai sur la question dans un prochain billet.
  3. Je suis particulièrement intéressé par les récents développements dans la course à la présidence américains. Il s’agit d’une lutte qui dépasse largement les questions électorales classiques. Après huit années du régime orwellien de la clique de George W. Bush, l’affrontement entre Barack Obama et John McCain permettra peut-être au peuple américain de reprendre le contrôle de leur démocratie.
  4. Je vais ajouter quelques nouveaux liens dans ma blogoliste. Des sites qui reflètent mes habitudes de lecture et qui constituent mes pistes de départ. Je vous invite à les consulter.

Tout un programme en perspective!

Clueless

Par Claude Boucher
le 9 septembre 2007 à 23:09

Permalien | Trackback | Liens |

Comments Off
Classé dans Nos amis canadiens, Politique Québec

Je viens de lire quelque chose de rigolo sur le blogue de Red Tory, un bon “liberul federul”. Le pauvre type essaie d’expliquer la crise du niqab à son auditoire canadien, à partir de son clavier à Victoria BC.

En gros, il prétend que Stephen Harper a créé artificiellement la crise pour en profiter dans les circonscriptions d’Outremont, de Bagot et de Roberval, où se tiendront des élections partielles fédérales le 17 septembre prochain. C’est dur d’être dans le champ de même, mais il le blogueur l’a fait!

Chers voisins canadiens, la réponse est non. C’est plutôt la suite du débat sur le même sujet qui a eu lieu en février dernier et qui s’est conclu par l’abandon de l’idée par le directeur général des élections du Québec. Ce n’est pas un nouveau débat, et nous avions cru qu’il avait été tranché. On pensait que le message avait été compris à Ottawa aussi. Ben non, ça dormait au gaz dans la capitale canadienne. Et puis ils ont manqué de chance. Les trois premières élections avec les nouvelles règles étaient toutes au Québec.

En fait, les politiciens fédéraux, sauf ceux du Bloc, ont tous été à la remorque des événements qui se sont produits au cours des derniers jours. Contrairement aux leaders politiques québécois (Charest, Marois et Dumont), les partis fédéralistes (les principaux concernés, puisqu’il s’agit de partielles fédérales) étaient complètement dans le noir, pris dans les contradictions inhérentes entre le multiculturalisme canadien et et notre approche d’intégration interculturelle, d’inspiration républicaine.

Ces différences d’approches démontrent un autre de ces fossés qui séparent le Québec du Canada. Les Québécois ont rejeté l’étouffante influence de l’église catholique romaine au cours de la Révolution tranquille des années 1960. Ils ont choisi de définir leur société à partir des principes français, plutôt que britanniques ou américains. Cependant, la “religion” multiculturaliste canadienne promue par Trudeau et compagnie est venue brouiller les cartes; assez subtilement au début, puis de plus en plus clairement au fur et à mesure que des juges nommés par Ottawa ont eu fait d’interpréter et de baliser les droits individuels de tout un chacun.

Le dossier de l’accomodation avec les groupes religieux en est un qui mijote depuis plusieurs années déjà. Le plus souvent, dans le cas des communautés hassidiques d’Outremont, il s’agit d’une barrière de communication entre les membres d’un des rares ghettos qui subsistent à Montréal (les autres étant le quartier chinois et quelques bastions municipalités “historiques” sur l’île de Montréal). Mais, depuis quelques années, on assiste à la montée d’un phénomène de ghettoïsation d’une partie de la population d’origine musulmane et d’immigration récente, dans le nord-ouest de la ville (à Ville Saint-Laurent par exemple). Cette ghettoïsation est inquiétante parce qu’elle est contraire à la cohésion, à la solidarité sociale nécessaire au projet national québécois.

Dans le cas qui nous préoccupe, l’objection peut être de gauche ou de droite. À gauche, certains groupes féministes ont rappelé que le principe d’égalité impose que tous doivent pouvoir être identifiés pour participer à l’acte citoyen fondateur, le droit de vote. Et qu’il ne saurait être fait exception parce que le même geste est exigé dans différentes interactions du citoyens avec l’État. Fait intéressant à noter, le même argument est employé par les associations musulmanes elles-mêmes. L’argument de droite reprend en général l’argumentaire de gauche auquel il ajoute que se cache dans ce geste un rejet de la société d’accueil.
L’affaire de la burqa prise 2 s’inscrit aussi dans un contexte social bien particulier. Celui d’un indivualisme déstabilisant pour la société québécoise, de la multiplication des petits incidents de la vie quotidienne et la perception d’une certaine stagnation dans l’intégration des nouveaux arrivants. La conscience démographique éveille le sentiment patriotique pratiquement codifié dans l’ADN de chaque Québécois.

Le kirpan, le code de vie d’Hérouxville, la burqa, encore la burqa et à compter de ce soir, les premières audiences publiques régionales de la commission Bouchard-Taylor. Cela risque d’être intéressant.

Au voleur!

Par Claude Boucher
le 9 septembre 2007 à 00:09

Permalien | Trackback | Liens |

Comments Off
Classé dans Politique Québec

J’ai pris certaines photos de leaders syndicaux et politiques lors d’une manifestation marquant l’adoption de la loi 101 le 26 août dernier à Montréal. Wikipédien d’expérience, avec 15 000 éditions à mon actif, je place toutes mes contriubtions sous double licence GFDL et cc-by-sa toutes versions (et cela comprend ce blogue, qui est en double licence - les mises à jour du gabarit de Wordpress viendront sous peu).

Or, il semble qu’une de mes photos se soit retrouvée sur le site d’un opposant de la personnalité en question (je ne nommerai pas la personnalité pour ne pas ploguer son site). Jusque là, rien de mal à ça.

Le problème c’est quand le gars en question (ça m’a pris deux minutes à trouver son nom et son adresse, alors je sais qu’il est montréalais et que son site est hébergé en Montérégie) met ma photo sur la colonne de droite de la page et qu’il ne crédite même pas sa source. Créditer ses sources, c’est simple, mais fondamental.

Un débat nécessaire

Par Claude Boucher
le 7 septembre 2007 à 22:09

Permalien | Trackback | Liens |

Comments Off
Classé dans Politique Québec

À gauche de l’écran déplore le retour à une saine dose de fierté québécoise, parce c’est trop ethnique :

Tenez, je vais le garder pour moi tout seul, ce Nous; ça sera un nous de Majesté. Nous en avons plus qu’assez de ce petit jeu de saute-noustons.

On s’est tellement fait bourrer par le “bon multiculturalisme” de Trudeau et de sa clique, qu’on en est rendu à penser que de célébrer nos origines nationales est une maladie honteuse. Il ne faut pas se conter d’histoires : on est pour l’indépendance pour trois grandes raisons

  • parce qu’on partage le français;
  • parce qu’on a des valeurs communes différentes du Canada;
  • et aussi parce qu’on est fier de ce que nos ancêtres ont fait :

la découverte du de l’intérieur de l’Amérique du Nord, c’est un peu beaucoup notre oeuvre historique majeure. Nous avons eu nos épreuves et nos moments de gloire, nos côtés non montrables et nos mythes nationaux, mais la question de la survivance de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenus exige de nos bien plus que la prison dorée dans laquelle est enfermée notre peuple et le territoire national.

Voici la question claire (Péloquin me pardonnera) : Êtes-vous écoeurés de mourir, bande de caves!
Je suis nationaliste, certainement, mais je me réclame davantage d’un patriotisme sain et normal, un patriotisme qui m’est présentement refusé par le pays de mon passeport. Nous devons nous réapproprier notre passé pour en tirer des enseignements et nous inspirer.

Le débat sur les valeurs fondamentales du pays à devenir est difficile et émotif mais il est nécessaire. À vrai dire, il est préférable qu’il se fasse tout de suite que tout juste avant une autre consultation sur notre avenir.

Le mépris ordinaire

Honteux, mais rien de bien étonnant dans cette nouvelle de Radio-Canada, qui a constaté de visu l’état déplorable du français sur le site mémorialisant la bataille de la crête de Vimy, dans le nord de la France. La traduction des affiches sur le site du mémorial, récemment rénové grâce aux fonds publics canadiens a été confié à des amateurs… en tout cas des personnes qui ne savent pas écrire la langue de Molière.

Au centre d’accueil des visiteurs, propriété du ministère canadien des Anciens combattants, le public peut apprendre une foule de détails historiques sur la bataille de Vimy. Par exemple:

  • Les explosifs étaient mis dans des « chambers »
  • Une entreprise y employaient des hommes […]
  • […] pour travailler avec les explosives […]
  • […] ou encore avec le mine

En fait, l’étonnant dans toute cette histoire, c’est qu’on s’étonne encore de ce traitement de seconde classe. Les Québécois, même lorsqu’ils étaient prêts à donner leur vie pour le Canada, ne méritent que ce mépris condescendant que veut bien leur accorder le Canada. Le monument de Vimy n’est qu’un exemple parmi d’autres de ces petits incidents, ce mépris ordinaire, dont nous sommes quotidiennement victimes, dans ce pays qui n’est pas vraiment le nôtre.
Les Québécois doivent comprendre une fois pour toutes qu’ils demeureront des porteurs d’eau au sein de ce plusse meilleur pays au monde.

La GPL en danger?

Par Claude Boucher
le 3 avril 2007 à 21:04

Permalien | Trackback | Liens |

Aucun commentaire |
Classé dans Linux

Je ne sais pas ce que vaut l’analyse de LinuxMag, mais je dois avouer que la notion de SaaS (Software as a service) pourrait faire dérailler l’idéologie OpenSource. Ou non.

Sur le plan strictement philosophique, l’inclusion de logiciels qui parasitent le libre est anti-éthique, puisqu’elle ne contribue pas à l’avancement de la communauté. Par contre, afin d’éviter des tracas aux utilisateurs, même les apôtres du tout-au-libre sont prêts à mettre de l’eau dans leur vin et à tolérer des blobs binaires comme les pilotes vidéo (nVidia, ATI) ou des trucs à la légalité douteuse comme les codecs multimédia.

La GPL est révolutionnaire dans la mesure où elle remet en question les notions de propriété et d’appropriation collective des moyens de production de l’information (pour utiliser une perspective un peu marxiste). Mais les révolutions prennent du temps à trouver leur masse critique. L’intelligence collective de la GPL remplacera évenuellement le système propriétaire actuel, mais le chemin vers cette nouvelle intelligence fondée sur la coopération sera long et tortueux.

Pour provoquer des changements de mentalité à long terme, une augmentation de la popularité est suivie d’un plateau, pour assimiler la nouvelle communauté. Puis d’une nouvelle expansion. Et ainsi de suite…
Un peu comme le mouvement souverainiste québécois d’ailleurs…

Après les élections… pensons un peu!

Par Claude Boucher
le 3 avril 2007 à 20:04

Permalien | Trackback | Liens |

Aucun commentaire |
Classé dans Politique Québec

Je sais que je devrais bien mettre sur papier (électronique) mes réflexions sur la dernière élection québécoise. J’ai beaucoup de choses à dire, je les exprime sur les blogues d’Auger ou de Vastel, à l’occasion. Mais je ne contribue pas avec beaucoup de focus.

Ce qui m’agace le plus, c’est qu’on se déchire la chemise pour pas grand’ chose. C’est une habitude péquiste, mais elle a les avantages de ses inconvénients. Elle a tendance à affermir les convictions souverainistes d’un plus grand nombre à chaque fois qu’elle se produit. PM Johnson, remplacé deux ans plus tard par Monsieur. Bouchard poussé à la porte par l’aile plus à gauche de Landry. Boisclair, qui tombera comme les autres, victime d’une progression qui recentre la position en matière sociale mais qui raffermit périodiquement la posture sur la question nationale.
Quoi qu’en pensent ceux qui pontifient dans les grandes salles de rédaction, le processus est bénéfique pour la cause québécoise. Voici pourquoi:

Le discours sur le Québec souverain. Il est passé de la souveraineté-association à la souveraineté (malgré une rechute -partenariat) à l’indépendance (de la part d’un péquiste qui va au bat pour Boisclair, en la personne de Bernard Drainville) au Pays-du-Québec.

On a durci le discours pendant plus de 30 ans, et l’option continue de croître. Ça, c’est quelque chose que le PQ et le Bloc ont bâti au fil des ans. Il est évident que le PQ court vers le suicide s’il décide d’abandonner la cause.

Linux: Dell se fait prier

Par Claude Boucher
le 14 mars 2007 à 22:03

Permalien | Trackback | Liens |

Aucun commentaire |
Classé dans Linux

Depuis quelques semaines, l’importante société informatique Dell semble mener une consultation sur l’introduction de nouveaux produits qui seraient compatibles avec Linux. Le géant américain de l’ordinateur configurable a perdu des parts de marché au cours des derniers mois et l’introduction de Windows Vista ne semble pas avoir eu l’effet escompté sur les ventes.

D’abord, la société lance un blogue où elle demande au public de lui indiquer quelles idées pourrait lui faire regagner la faveur du public. En quelques jours à peine, des milliers de personnes passent demander Linux.

Michael Dell revient à la charge au début mars. Il annonce qu’il est intrigué par l’idée de livrer Linux, mais qu’il y a plusieurs problèmes: quelle distribution choisir, quelle gamme d’ordinateur, quel marché-cible… Puis il vante son partenariat avec Novell, parrain corporatif de SuSE. Novell est vue d’un oeil controversé dans la communauté Linux depuis l’entente (un genre de pacte de non-agression comme celui du 23 août 1939 entre Molotov et Von Ribbentrop) avec Microsoft sur la non-agression sur le porte-feuille de brevets dont disposent chacun des deux géants.

Ensuite, Dell lance un nouveau sondage, destiné aux linuxiens afin de savoir ce qu’ils veulent précisément. Nouvelle consultation répercutée par chacune des nombreux lieux de discussion. Les partisans d’Ubuntu sont en force, ils poussent leur salade; pendant que des inconditionnels de Gentoo vantent les mérites de leur distribution sur mesure.

En fait, ce que les linuxiens désirent, c’est un support matériel fondé sur des spécifications ouvertes pour le matériel (si possible et c’est presque possible pour tout, à l’exception des cartes vidéo) et un meilleur contact entre les gens du kernel et ceux du fabricant-intégrateur. Quand Dell achète 100 000 cartes graphiques à un fournisseur, le fournisseur sent qu’il a de la pression pour livrer la marchandise et ne pas nous faire le coup du “Win” modem. Ca, c’est le pouvoir d’achat.

Ensuite, pour ce qui est de la distro de choix, personne ne s’entend vraiment, sinon pour dire que les distros seraient trop heureuses de s’assurer de leur compatibilité. Ca pourrait être une série de drivers (un genre de méta-module dell-dimension-drivers.rpm pour supporter toutes les configs des ordinateurs de la famille Dimension par exemple) qui serait supporté par Dell et la communauté. Les codecs propriétaires que Dell fournit généralement pourraient être fournis sur un autre CD ou un partition du CD qui est présentement livré avec chaque modèle.

Enfin, et c’est là que l’idée est géniale, Dell pourrait fournir des disques durs préchargés avec les distributions compatibles les plus populaires et laisser choisir l’usager au démarrage laquelle il veut graver sur cd/dvd ou installer. On aurait par exemple les isos des versions “live” de trois ou quatre distros (Fedora ou RHEL, Ubuntu, SuSE) et l’option d’installer sa propre distribution à partir d’un CD. Le master pourrait être gardé comme une partition non montée (l’équivalent d’un DVD simple) sur le disque ou effacé selon ce que le propriétaire désire. Les utilisateurs de Linux l’ont souvent dit. Ils veulent simplement du choix.

Personnellement, je pense que Michael Dell fait simplement durer le plaisir. Il a l’intention d’offrir du choix, et que cela va faire beaucoup de fracas d’ici quelques mois, mais en attendant, chacune de ses déclaration fait monter le “buzz” sur le Net. Publicité gratuite et grand fracas assuré. Alors, il en profite pour monter la pression et le bruit généré sur le net.