L’économiste le minarchiste critique la vente d’Énergie NB à Hydro-Québec en soulevant l’argument que la réfection en cours de la centrale nucléaire de Point Lepreau entraînera une hausse des coûts de production qui devront être refilés aux consommateurs néo-brunswickois sur la durée de la vie utile de la centrale.
L’un des problèmes principaux que je vois avec cette transaction est relié à la centrale nucléaire de Point Lepreau. Les tarifs actuels d’ÉnergieNB ne reflètent pas l’énorme dépassement de coût encouru par ÉnergieNB dans la remise à neuf de cette centrale. Ce projet devait coûter $1 milliard, mais il va vraisemblablement coûter entre $1.9 et $2.5 milliards. Il va falloir amortir cet investissement au cours de la vie utile de la centrale rénovée, ce qui sera négatif pour les profits puisque les tarifs seront gelés durant 5 ans.
Je ne suis pas d’accord. Les coûts cités dans les médias additionnent le coût de réfection de la centrale de 1,4 G$ et les coûts de remplacement de l’électricité importée pour combler l’absence du tiers de la production d’Énergie NB (4.3 TWh/), soit 1 M$ par jour . Le contrat avec EACL est un contrat à coût fixe, mais en raison du délai de 18 mois, le N.-B. aurait dû importer de l’électricité (du Québec sans doute) pendant toute cette période.
Si on prend pour acquis que le coût de remplacement de l’électricité est à 7,2¢/kWh (le coût de revient de Gentilly-2 après la mise à jour de 2012), ce qui est à peu près le prix marginal à HQP présentement (on exclut les éoliennes qui sont l’affaire de HQD), le coût de remplacement de l’électricité (4.3 TWh * 1,5 année = 6,5 TWh) serait de 468 M$, qu’elle va revendre pour 578 M$ (1/3 industriel @ 4,7¢ et 2/3 résidentiel et commercial @ 11¢), moins ce qu’elle va payer à TransÉnergie et à sa filiale de transport du N.-B.. Grosso modo, elle va arriver “even” en bon chinois.
Pour Énergie NB, la fermeture de Lepreau pendant 18 mois de plus, c’était une mauvaise affaire: perte de revenus de production, frais de transport, etc., mais si HQ achète sa propre électricité, ce n’est plus problème!
Le plus beau là-dedans, c’est qu’Hydro-Québec est une entreprise intégrée verticalement. Elle va faire des profits sur la production, le transport (2 fois) et la distribution.