Je conseille à quiconque est intéressé dans la politique chez nos voisins Canadiens de lire les blogues politiques et les pages d’opinion des journaux de Toronto, Edmonton et Ottawa. J’y trouve chaque jour un fertilisant abondant pour cultiver ma conviction que le Québec Et le Canada ont tout à gagner de la souveraineté politique du Québec.
Il faut voir ces gens ordinaires de Toronto, Oshawa, Lethbridge et Saskatoon déchirer leurs chemises en menaçant soit:
- de couper les paiements de péréquation à un Québec souverain (on ne comptait pas là-dessus anyway) ou de déménager tous les bâtiments payés par le Canada au Québec (non, le ridicule ne tue pas!) ou
- de s’improviser en général Lawrence et de finir la job commencée par Monkton en 1755 en nous ramenant gentiment en France. Le nettoyage ethnique trans-atlantique vient de naître!
Nostalgique de Diefenbaker et de Trudeau, Andrew Coyne du National Post pleure le fait que le Canada se vide de toute substance. Car pour lui, le Canada ne peut se concevoir dans toute forme de pacte entre le Québec et les provinces. Il se doit d’être “national”, unitaire, avec le Canada qui parle et un Québec qui devrait connaître sa place. Sois belle, province de Québec, et tais-toi.
Quebec nationalists are entitled to argue that Quebec is a nation all they want. But somewhere, sometime, somebody has to put the other proposition: that Canada is a nation; that Quebecers are a part of that nation; that they have as much or more in common with other Canadians as they do with each other.
Le problème de M. Coyne, c’est qu’il refuse de voir la réalité en face. Les Québécois forment une nation et qu’ils ont compris qu’ils n’ont finalement pas tant de choses que ça en commun avec le Canada.
Le problème du Canada, c’est qu’il refuse d’admettre qu’on ne peut forcer le Québec à renier 250 ans de résistance à l’assimilation. D’où les propositions farfelues comme d’accorder le statut de nation à l’Île-du-Prince-Écouard au nom de l’équité.
Mais tout cela est un peu stérile et attendu de ceux qui affirmaient que Meech et Charlottetown en donnait trop au Québec. Ce qui estg de plus en plus répandu par contre, c’est le développement d’une nouvelle attitude plus réaliste. Celle de dire que la souveraineté du Québec est inévitable et qu’il serait préférable que le Québec sorte du Canada une fois pour toutes.
Je suis d’accord et je pense qu’il s’agit là d’une excellente façon de régler le problème du Canada et du Québec. La souveraineté est l’aboutissement logique du nationalisme québécois et les plus lucides l’ont compris.
Voilà peut-être une conséquence heureuse et imprévue de ce que Gilles Duceppe a mis en marche en déposant sa motion reconnaissant que “les hommes et les femmes du Québec forment une nation”.