Contrairement à plusieurs, je crois que Gilles Duceppe nous a montré une stratégie digne de Sun Tzu ! Il propose (et ce n’est pas la première fois) une motion parfaitement correcte et qui ne fait qu’énoncer l’évidence même : la nation québécoise existe.
Harper lui vole le texte, le fait sien et ajoute cinq mots (qui ne sont que du vent, parce qu’une fois souverains, les Québécois ne seront plus dans un “Canada uni”) pour se faire du capital politique sur le dos des souverainistes. Trop contents de l’astuce du premier ministre, les Libéraux et Néo-démocrates sautent à pied joint dans le piège.
Jeudi, au profit d’une savante mise en scène, MM. Duceppe (il a du talent pour le théâtre, comme son père !) et Michel Gauthier déchirent leurs chemises en pleine Chambre des communes. La performance est tellement convaincante que même Stéphane Dion et Bob Rae se revendiquent maintenant en tant que “défenseurs” de la nation québécoise !
Il ne restait plus qu’à refermer le piège. Vendredi matin, le Bloc annonce qu’il votera pour la motion. Les fédéralistes ne peuvent plus se défiler. Pris au piège, ils devront voter pour, eux aussi ! Repli tactique du Bloc, victoire symbolique et stratégique du Québec.
25 novembre 2006 à 20:20
Vous êtes la seule personne qui semble analyser la situation de cette manière. Les commentateurs politiques ne semblent pas penser comme vous. Malgré toute ma sympathie pour le bloc, je suis d’accord avec la majorité des analystes: ils se sont fait passer un sapin.
27 novembre 2006 à 13:23
Il me manque déjà pas mal d’informations quant à savoir exactement ce que le terme “nation” signifie dans un contexte comme celui-ci, pour moi ce n’est pas encore clair. Dans les faits, je ne suis pas certain que tous les hommes et femmes politiques à Ottawa le savent avec précision, ce qui me pousse à croire qu’en effet, le Bloc s’est servi d’un beau nuage qu’il a fait pelleté par les Conservateurs et les Libéraux (les néo-démocrates aussi, mais c’est moins important de leur côté).