Qui aurait cru… Non, les voix du Québec n’ont pas été déterminantes dans le choix d’un nouveau chef pour le Parti libéral du Canada qui a choisi l’intégriste fédéraliste, le Québécois mange canayen au dépens de Michael Ignatieff, un intellectuel brillant, quoique visiblement déconnecté des réalités canadiennes.
Oui, le même Stéphane Dion qui est la tête de turc des Québécois depuis l’adoption de l’anti-démocratique «loi sur la clarté», celui qu’on a décrit comme un «rongeur», un «boute-feu» ou un Pierre Laval deviendra possiblement le prochain premier ministre du Canada.
Pour les souverainistes, c’est tout de même inespéré. L’inflexibilité idéologique et la logique trudeauiste reprennent du service à la tête du «Natural Governing Party» du Canada. Avec un Dion à la tête du PLC, les tenants du fédéralisme renouvelé n’ont qu’à bien se tenir. Une seule option ne trouve grâce aux yeux de Dion. Celle du Québec au service d’une vision «canadian» du monde, la poursuite de la fuite en avant multiculturaliste, où l’identité québécoise est aussi peu importante que celle des Ukrainiens de la Saskatchewan, ou celle des Chinois de Vancouver. We’re all Canadian, right?
Pour les Conservateurs, c’est une bonne affaire aussi. Au Québec, le parti de Stephen Harper pourra prendre plus de place et faire le plein du vote fédéraliste francophone, en raison notamment de la désaffection manifestée par une bonne partie des militants québécois du PLC, qui a fait bloc derrière la candidature de Michael Ignatieff. Quel impact sur la distribution des sièges québécois à la Chambre des communes? Difficile à dire, mais une chose est certaine: la tendance lourde vers l’extinction permanente des Libéraux fédéraux du Québec ne sera pas modifiée par ce choix.
Quelques blogueurs de l’ouest canadiens croient que le nouveau chef libéral se retrouvera rapidement en panne. Eux aussi voient dans Dion une réincarnation de Trudeau, honni dans l’ouest pour sa politique nationale de l’énergie des années 70.
Même le NPD peut voir d’un bon oeil l’élection de Dion. La situation aurait été beaucoup plus difficile pour Jack Layton avec un Bob Rae à la tête des troupes libérales.
Somme toute, tous les partis fédéraux ont raison de se réjouir du choix des militants libéraux au terme de quatre tours de scrutin. Quant aux Libéraux eux-même, ils risquent d’avoir à se choisir un autre chef avant longtemps. Car le PLC aime deux choses, comme nous le rappelait le journal de ce matin: l’unité et le pouvoir…
4 décembre 2006 à 7:52
En apprenant la nouvelle je me suis dit que plus jamais on pourra dire que les Libéraux n’ont pas le sens de l’humour! Non seulement cette nomination est étonnante, mais elle démontre une faiblesse dans ce type de vote mais ceci dit, aucun système n’est parfait de toute manière.
La situation est idéale pour les deux partis un peu plus à gauche à la chambre fédérale et gageons qu’ils sauront en profiter.