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Le problème avec Québec solidaire…

Par Claude Boucher
le 30 octobre 2006 à 15:10

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Classé dans Politique Québec

J’ai un problème avec les propos du « militant progressiste et membre de Québec solidaire », Paul Cliche, que le site Vigile a publié aujourd’hui. Dans ce texte, l’auteur se dit déçu que la direction péquiste ait plus ou moins tassé la question de la nationalisation de l’énergie éolienne lors du dernier Conseil national du Parti Québécois, tenu en fin de semaine.

Je ne doute pas ni de la conviction souverainiste des Solidaires, ni de celles qu’ils ont à l’égard de leurs « bonnes causes », qui sont souvent les miennes. D’un autre côté, il faut éviter la précipitation. Voici un extrait symptomatique, du texte de Chiche:

La position de M. Boisclair sur l’énergie éolienne ressemble d’ailleurs beaucoup plus à celle du premier ministre Charest qu’à celle du Conseil national de son parti. J’espère que les progressistes encore fidèles au PQ comprendront enfin la leçon.

D’abord, la position de Boisclair n’est pas celle de Charest et Béchard. Charest refuse que HQ Production acquière l’expertise éolienne en soumissionnant sur des projets. De ce que je comprends de l’attitude du leadership péquiste, elle est au contraire favorable à ce que HQP développe des propositions, une fois que le processus des premiers 3000 MW commandés ou en construction sera complété.

L’attitude pragmatique de Boisclair est intéressante. D’abord, elle évite au PQ de se prononcer sur certains éléments du plan environnemental du PQ qui auraient pu susciter des controverses : péage au centre-ville de Montréal, abandon du pont de la 25, prolongation du métro de Laval, phase 2… Ensuite, le nouveau chef montre qu’il est capable de tenir en selle la base péquiste militante.

D’un autre côté, la base militante progressiste du PQ utilise la tribune du Conseil national pour faire avancer une idée qui fera son chemin dans l’imaginaire populaire. Rome ne s’est pas construite en un jour et des gens du calibre de Marc Laviolette le savent très bien. Rien de tel pour l’exposure qu’une bonne chicane de péquistes! L’invocation, pratiquement mythologique, de René Lévesque durant le débat, lance aussi un message. Le « père d’Hydro-Québec » ne s’est-il pas battu bec et ongle avec Jean Lesage et les money men libéraux pour faire progresser le projet, dès 1960?

* * *

C’est à ce moment-ci que nous retournons au propos principal : nos amis les Solidaires. En passant, où était Mme David le week-end dernier? Justement. Là est le problème. Qu’a-t-on retenu de leur Conseil national? Que M. Kadr est rétrogradé au titre de porte-parole principal (mais pas trop principal)? Et sur le message? Québec solidaire, le parti des progressistes, partisans de la souveraineté, n’ont pas de programme sur la question nationale. Mais ils en auront un… en novembre. Ce parti sent à la fois la réunionite aigüe (« que celles et ceux qui sont en faveur de peindre les murs en turquoise lèvent la main ») et l’improvisation totale.

En essayant de se positionner à gauche de la gauche, en francs-tireurs, Françoise David et ses troupes essaient de diviser le mouvement au moment où il doit préparer un réalignement vers le centre et le pouvoir, dès l’automne 2007. Il faudra ratisser large pour gagner l’an prochain. Il faudra aller piquer des voix chez Dumont, et même chez les Libéraux. Ces électeurs sont souvent sympathiques au message souverainiste, mais plus sceptiques envers un message plus socialisant. Pourquoi toujours se tirer dans le pied?
Le PQ doit couvrir le centre de l’échiquier politique pour espérer former le prochain gouvernement, première étape nécessaire vers l’accession à la souveraineté. Il doit aussi remplacer le gouvernement actuel : le Québec pourrait-il supporter quatre autres années sous la coupe du « frisé »? Québec solidaire choisit implicitement de nuire à ses deux principaux idéaux : la construction d’une société plus juste (une société, c’est jamais du tout ou rien) et l’indépendance du Québec.

On a abondamment traité de l’élection américaine de 2000. Françoise Davis veut-elle vraiment devenir la Ralph Nader du Québec?

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