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Un blogue politique québécois

Politique Québec


Clueless

Par Claude Boucher
le 9 septembre 2007 à 23:09

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Commentaire (1) |
Classé dans Nos amis canadiens, Politique Québec

Je viens de lire quelque chose de rigolo sur le blogue de Red Tory, un bon “liberul federul”. Le pauvre type essaie d’expliquer la crise du niqab à son auditoire canadien, à partir de son clavier à Victoria BC.

En gros, il prétend que Stephen Harper a créé artificiellement la crise pour en profiter dans les circonscriptions d’Outremont, de Bagot et de Roberval, où se tiendront des élections partielles fédérales le 17 septembre prochain. C’est dur d’être dans le champ de même, mais il le blogueur l’a fait!

Chers voisins canadiens, la réponse est non. C’est plutôt la suite du débat sur le même sujet qui a eu lieu en février dernier et qui s’est conclu par l’abandon de l’idée par le directeur général des élections du Québec. Ce n’est pas un nouveau débat, et nous avions cru qu’il avait été tranché. On pensait que le message avait été compris à Ottawa aussi. Ben non, ça dormait au gaz dans la capitale canadienne. Et puis ils ont manqué de chance. Les trois premières élections avec les nouvelles règles étaient toutes au Québec.

En fait, les politiciens fédéraux, sauf ceux du Bloc, ont tous été à la remorque des événements qui se sont produits au cours des derniers jours. Contrairement aux leaders politiques québécois (Charest, Marois et Dumont), les partis fédéralistes (les principaux concernés, puisqu’il s’agit de partielles fédérales) étaient complètement dans le noir, pris dans les contradictions inhérentes entre le multiculturalisme canadien et et notre approche d’intégration interculturelle, d’inspiration républicaine.

Ces différences d’approches démontrent un autre de ces fossés qui séparent le Québec du Canada. Les Québécois ont rejeté l’étouffante influence de l’église catholique romaine au cours de la Révolution tranquille des années 1960. Ils ont choisi de définir leur société à partir des principes français, plutôt que britanniques ou américains. Cependant, la “religion” multiculturaliste canadienne promue par Trudeau et compagnie est venue brouiller les cartes; assez subtilement au début, puis de plus en plus clairement au fur et à mesure que des juges nommés par Ottawa ont eu fait d’interpréter et de baliser les droits individuels de tout un chacun.

Le dossier de l’accomodation avec les groupes religieux en est un qui mijote depuis plusieurs années déjà. Le plus souvent, dans le cas des communautés hassidiques d’Outremont, il s’agit d’une barrière de communication entre les membres d’un des rares ghettos qui subsistent à Montréal (les autres étant le quartier chinois et quelques bastions municipalités “historiques” sur l’île de Montréal). Mais, depuis quelques années, on assiste à la montée d’un phénomène de ghettoïsation d’une partie de la population d’origine musulmane et d’immigration récente, dans le nord-ouest de la ville (à Ville Saint-Laurent par exemple). Cette ghettoïsation est inquiétante parce qu’elle est contraire à la cohésion, à la solidarité sociale nécessaire au projet national québécois.

Dans le cas qui nous préoccupe, l’objection peut être de gauche ou de droite. À gauche, certains groupes féministes ont rappelé que le principe d’égalité impose que tous doivent pouvoir être identifiés pour participer à l’acte citoyen fondateur, le droit de vote. Et qu’il ne saurait être fait exception parce que le même geste est exigé dans différentes interactions du citoyens avec l’État. Fait intéressant à noter, le même argument est employé par les associations musulmanes elles-mêmes. L’argument de droite reprend en général l’argumentaire de gauche auquel il ajoute que se cache dans ce geste un rejet de la société d’accueil.
L’affaire de la burqa prise 2 s’inscrit aussi dans un contexte social bien particulier. Celui d’un indivualisme déstabilisant pour la société québécoise, de la multiplication des petits incidents de la vie quotidienne et la perception d’une certaine stagnation dans l’intégration des nouveaux arrivants. La conscience démographique éveille le sentiment patriotique pratiquement codifié dans l’ADN de chaque Québécois.

Le kirpan, le code de vie d’Hérouxville, la burqa, encore la burqa et à compter de ce soir, les premières audiences publiques régionales de la commission Bouchard-Taylor. Cela risque d’être intéressant.

Au voleur!

Par Claude Boucher
le 9 septembre 2007 à 00:09

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Classé dans Politique Québec

J’ai pris certaines photos de leaders syndicaux et politiques lors d’une manifestation marquant l’adoption de la loi 101 le 26 août dernier à Montréal. Wikipédien d’expérience, avec 15 000 éditions à mon actif, je place toutes mes contriubtions sous double licence GFDL et cc-by-sa toutes versions (et cela comprend ce blogue, qui est en double licence - les mises à jour du gabarit de Wordpress viendront sous peu).

Or, il semble qu’une de mes photos se soit retrouvée sur le site d’un opposant de la personnalité en question (je ne nommerai pas la personnalité pour ne pas ploguer son site). Jusque là, rien de mal à ça.

Le problème c’est quand le gars en question (ça m’a pris deux minutes à trouver son nom et son adresse, alors je sais qu’il est montréalais et que son site est hébergé en Montérégie) met ma photo sur la colonne de droite de la page et qu’il ne crédite même pas sa source. Créditer ses sources, c’est simple, mais fondamental.

Un débat nécessaire

Par Claude Boucher
le 7 septembre 2007 à 22:09

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Classé dans Politique Québec

À gauche de l’écran déplore le retour à une saine dose de fierté québécoise, parce c’est trop ethnique :

Tenez, je vais le garder pour moi tout seul, ce Nous; ça sera un nous de Majesté. Nous en avons plus qu’assez de ce petit jeu de saute-noustons.

On s’est tellement fait bourrer par le “bon multiculturalisme” de Trudeau et de sa clique, qu’on en est rendu à penser que de célébrer nos origines nationales est une maladie honteuse. Il ne faut pas se conter d’histoires : on est pour l’indépendance pour trois grandes raisons

  • parce qu’on partage le français;
  • parce qu’on a des valeurs communes différentes du Canada;
  • et aussi parce qu’on est fier de ce que nos ancêtres ont fait :

la découverte du de l’intérieur de l’Amérique du Nord, c’est un peu beaucoup notre oeuvre historique majeure. Nous avons eu nos épreuves et nos moments de gloire, nos côtés non montrables et nos mythes nationaux, mais la question de la survivance de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenus exige de nos bien plus que la prison dorée dans laquelle est enfermée notre peuple et le territoire national.

Voici la question claire (Péloquin me pardonnera) : Êtes-vous écoeurés de mourir, bande de caves!
Je suis nationaliste, certainement, mais je me réclame davantage d’un patriotisme sain et normal, un patriotisme qui m’est présentement refusé par le pays de mon passeport. Nous devons nous réapproprier notre passé pour en tirer des enseignements et nous inspirer.

Le débat sur les valeurs fondamentales du pays à devenir est difficile et émotif mais il est nécessaire. À vrai dire, il est préférable qu’il se fasse tout de suite que tout juste avant une autre consultation sur notre avenir.

Le mépris ordinaire

Honteux, mais rien de bien étonnant dans cette nouvelle de Radio-Canada, qui a constaté de visu l’état déplorable du français sur le site mémorialisant la bataille de la crête de Vimy, dans le nord de la France. La traduction des affiches sur le site du mémorial, récemment rénové grâce aux fonds publics canadiens a été confié à des amateurs… en tout cas des personnes qui ne savent pas écrire la langue de Molière.

Au centre d’accueil des visiteurs, propriété du ministère canadien des Anciens combattants, le public peut apprendre une foule de détails historiques sur la bataille de Vimy. Par exemple:

  • Les explosifs étaient mis dans des « chambers »
  • Une entreprise y employaient des hommes […]
  • […] pour travailler avec les explosives […]
  • […] ou encore avec le mine

En fait, l’étonnant dans toute cette histoire, c’est qu’on s’étonne encore de ce traitement de seconde classe. Les Québécois, même lorsqu’ils étaient prêts à donner leur vie pour le Canada, ne méritent que ce mépris condescendant que veut bien leur accorder le Canada. Le monument de Vimy n’est qu’un exemple parmi d’autres de ces petits incidents, ce mépris ordinaire, dont nous sommes quotidiennement victimes, dans ce pays qui n’est pas vraiment le nôtre.
Les Québécois doivent comprendre une fois pour toutes qu’ils demeureront des porteurs d’eau au sein de ce plusse meilleur pays au monde.

Après les élections… pensons un peu!

Par Claude Boucher
le 3 avril 2007 à 20:04

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Classé dans Politique Québec

Je sais que je devrais bien mettre sur papier (électronique) mes réflexions sur la dernière élection québécoise. J’ai beaucoup de choses à dire, je les exprime sur les blogues d’Auger ou de Vastel, à l’occasion. Mais je ne contribue pas avec beaucoup de focus.

Ce qui m’agace le plus, c’est qu’on se déchire la chemise pour pas grand’ chose. C’est une habitude péquiste, mais elle a les avantages de ses inconvénients. Elle a tendance à affermir les convictions souverainistes d’un plus grand nombre à chaque fois qu’elle se produit. PM Johnson, remplacé deux ans plus tard par Monsieur. Bouchard poussé à la porte par l’aile plus à gauche de Landry. Boisclair, qui tombera comme les autres, victime d’une progression qui recentre la position en matière sociale mais qui raffermit périodiquement la posture sur la question nationale.
Quoi qu’en pensent ceux qui pontifient dans les grandes salles de rédaction, le processus est bénéfique pour la cause québécoise. Voici pourquoi:

Le discours sur le Québec souverain. Il est passé de la souveraineté-association à la souveraineté (malgré une rechute -partenariat) à l’indépendance (de la part d’un péquiste qui va au bat pour Boisclair, en la personne de Bernard Drainville) au Pays-du-Québec.

On a durci le discours pendant plus de 30 ans, et l’option continue de croître. Ça, c’est quelque chose que le PQ et le Bloc ont bâti au fil des ans. Il est évident que le PQ court vers le suicide s’il décide d’abandonner la cause.

Auger, Ryan et la clarté

Par Claude Boucher
le 6 décembre 2006 à 15:12

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Michel C. Auger ressort des boules à mites un extrait de la retranscription du témoignage de Claude Ryan à la Commission parlementaire sur le projet de loi C-20 sur la “clarté”. Le témoignage est très intéressant dans sa dénonciation du caractère anti-démocratique et anti-fédéraliste de cette loi, née de la plume de celui qui est devenu samedi, le nouveau chef libéral fédéral.

Comme d’habitude, les quelques fédéralistes qui lisent et commentent sur le blogue d’Auger évoquent immanquablement la non-clarté de la question dans leur dénonciation des écrits du chroniqueur politique. Mais ils évitent soigneusement de nous dire en quoi une question plus courte est plus claire!

Une question est d’autant plus claire qu’elle explique précisément, avec le plus de détails possible, ce qui est demandé.

Un tribunal qui rendrait des verdicts en une seule page serait certes expéditif, mais serait-elle plus claire que la Cour suprême, qui rend des jugements massifs de quelques centaines de pages, consignant toutes les nuances des différentes sources de droit avant de rendre un verdict qui a une portée précise et immédiate?

En matière de clarté, votre préférence irait certainement du côté du jugement — fleuve, en particulier s’il s’agissait d’une décision importante.

Mais la cour n’a fait que répondre à une question.

Prenons maintenant les trois questions suivantes : laquelle vous apparaît la plus précise, sur les intentions du gouvernement?

Question 1 — Question très précise, indiquant une marche à suivre et prévenant la personne qu’elle devra se prononcer de nouveau sur la question.

« Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures — ce qui est la souveraineté — et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie; aucun changement de statut politique, résultant de ces négociations, ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée, entre le Québec et le Canada? »

Question 2 — Question plus courte, faisant référence à un document en annexe :

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le [date]? »

Question 3 — Question « claire », qui ne serait pas dédaignée par un Jean Chrétien :

« Voulez-vous faire la séparation du Québec? »

Mais que veut-on dire par séparation? Propose-t-on d’utiliser des forceps pour physiquement écarter le Québec du continent nord-américain? Plus une question est courte, plus elle permet une interprétation erronée, qu’elle soit légitime ou non. Les questions courtes sont souvent beaucoup moins « claires »!

Et qu’on ne se trompe pas : ceux qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient en cochant oui ou non en 1980 ou 1995 étaient plus rares que ne le prétendent certains. Les chefs fédéralistes de cette époque ont gagné deux fois en dramatisant la « séparation ».

Combien d’électeurs ont pensé que le vote négatif de 1980 signifierait un renouvellement du fédéralisme favorable au Québec? Combien d’autres ont pensé en 1995 qu’un « non » voudrait dire une reconnaissance du statut distinct du Québec au sein du Canada?

Les fédéralistes ne posent pas ces questions parce qu’ils ne veulent pas admettre que les chefs fédéralistes québécois ont menti aux Québécois à ces deux occasions!

Duceppe devra décider

Par Claude Boucher
le 6 décembre 2006 à 00:12

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Les résultats d’un sondage TVA/Léger Marketing vont en faire jaser plus d’un aujourd’hui au Québec et à Ottawa.

Il semble que l’arrivée de Stéphane Dion à la tête du PLC ait donné une impulsion au controversé père de la “clarté”. Voici les résultats du sondage Léger effectué les 4 et 5 décembre auprès de 600 Québécois (entre parenthèses, résultats du 26 nov.)

Bloc: 37 (39) -2
PLC: 35 (26) +9
Con: 17 (20) -3
NPD: 6 (10) -4

Il est indéniable que Dion a eu un bon bump post-congrès et l’allure ce cette saute d’humeur des Québécois se compare à celle des Ontariens, enregistrée dans le Strategic Counsel de CTV. Du jour au lendemain, tous les autres partis saignent un peu. La nation n’aide pas vraiment les conservateurs, le “spin” au sujet de la “bourde” du Bloc ne l’affecte pas trop non plus. Cependant, le NPD, refuge des fédéralistes insatisfaits y perd presque la moitié de ses appuis.

Voici ce que je pense que ça signifie, pour tout le monde:

Stéphane Dion et le PLC

Dion a droit à une lune de miel. Il n’a rien à prouver pour le moment, sauf qu’il incarne des valeurs plus modérées que les conservateurs. Pour le moment, plusieurs Québécois ouvertement souverainistes (Dan Bigras à bazzo.tv en était un) souhaitent un changement de gouvernement à Ottawa. Le problème avec les bumps conjoncturels, c’est qu’ils ne durent pas toujours très longtemps. Parlez-en à Stephen Harper, qui a été lavé politiquement au Québec à compter de la guerre au Liban.

Tant que le débat continue de tourner sur la performance de Stephen Harper, Dion a la dragée haute. L’insatisfaction d’une certaine proportion de l’électorat pro-environnement, réfractaire aux valeurs de la droite fondamentaliste veut du changement tout de suite, quitte à se pincer le nez.

Stephen Harper et les Cons.

Stephen de Calgary a besoin de se faire des amis au Québec et les circonstances présentes l’incitent à regarder (discrètement, bien sûr, le Bloc n’est pas montrable outre-Outaouais) du côté du Bloc Québécois, qui constitue sa seule planche de salut pour prolonger leur gouvernement au-delà du 15 février.

Personne d’autre ne peut donner une autre année de pouvoir à Stephen Harper. Personne. Cependant, Harper doit faire attention de faire des clins d’oeil au Québec, sans que ça paraisse ailleurs. Pas question pour lui d’embarquer dans un autre débat sur la nation qui l’affecte dans le ROC. Et en plus de tout ça, il faut qu’il fasse en sorte que Jean Charest gagne un avantage politique dans un éventuel règlement du déséquilibre fiscal ou dans une loi qui limite le pouvoir de dépenser d’Ottawa.

Le problème de Harper, c’est qu’il doit aller chercher le Québec, mais il représente le troisième parti ici, sans parler de la faiblesse de ses portes-paroles. Lawrence Cannon a vraiment foiré dans l’affaire de la nation.

Gilles Duceppe et le mouvement souverainiste

Le chef souverainiste à Ottawa jouera dans les prochains mois une phase cruciale de son rôle dans un scénario, qui, s’il est bien mené, pourrait créer une condition gagnante dans la grande toile stratégique d’accession à la souveraineté.

Charest voudra demander une réforme de la péréquation, Duceppe devra demander des points d’impôt. Pour l’éducation, pour la santé et les services sociaux, pour les infrastructures. Il doit taper le clou que nous voulons récupérer ce que nous envoyons à Ottawa, de “rendre à César ce qui appartient à César”. Il doit, en coordination étroite avec André Boisclair, se lancer dans une offensive contre “Charest le quêteux, qui doit continuellement quêter sa pitance d’Ottawa”.

La grosse carte de Gilles Duceppe vient de son pouvoir d’appuyer le gouvernement sur un vote de confiance, comme le prochain budget. Cette carte ne pourra servir qu’une fois et elle a une date de péremption. Elle comporte aussi des risques (quelques Bloquistes de moins dans le prochain parlement, ce n’est pas trop grave) mais de perdre à Québec signifierait la fin d’André Boisclair et quatre ans de plus à l’Opposition provinciale en plus d’installer définitivement Québec solidaire dans l’arène politique. Le PQ se réorganise autour d’une autre personnalité (Facal, Legault, Marois qui revient en scène petit à petit, Landry pourrait-il songer à un retour?)

S’il refuse le deal, il pourrait perdre quelques plumes supplémentaires tout de suite, dans un duel fédéral contre Harper et Dion. Cependant, le sacrifice des Bloquistes épargnerait peut-être la défaite au PQ, puisque Charest devrait repousser les élections à l’automne 2007 et Boisclair aurait peut être l’occasion de briller dans certains débats…

Dion, chef libéral… Harper doit sabrer le champagne!

Par Claude Boucher
le 2 décembre 2006 à 21:12

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Classé dans Politique Québec

Qui aurait cru… Non, les voix du Québec n’ont pas été déterminantes dans le choix d’un nouveau chef pour le Parti libéral du Canada qui a choisi l’intégriste fédéraliste, le Québécois mange canayen au dépens de Michael Ignatieff, un intellectuel brillant, quoique visiblement déconnecté des réalités canadiennes.

Oui, le même Stéphane Dion qui est la tête de turc des Québécois depuis l’adoption de l’anti-démocratique «loi sur la clarté», celui qu’on a décrit comme un «rongeur», un «boute-feu» ou un Pierre Laval deviendra possiblement le prochain premier ministre du Canada.

Pour les souverainistes, c’est tout de même inespéré. L’inflexibilité idéologique et la logique trudeauiste reprennent du service à la tête du «Natural Governing Party» du Canada. Avec un Dion à la tête du PLC, les tenants du fédéralisme renouvelé n’ont qu’à bien se tenir. Une seule option ne trouve grâce aux yeux de Dion. Celle du Québec au service d’une vision «canadian» du monde, la poursuite de la fuite en avant multiculturaliste, où l’identité québécoise est aussi peu importante que celle des Ukrainiens de la Saskatchewan, ou celle des Chinois de Vancouver. We’re all Canadian, right?

Pour les Conservateurs, c’est une bonne affaire aussi. Au Québec, le parti de Stephen Harper pourra prendre plus de place et faire le plein du vote fédéraliste francophone, en raison notamment de la désaffection manifestée par une bonne partie des militants québécois du PLC, qui a fait bloc derrière la candidature de Michael Ignatieff. Quel impact sur la distribution des sièges québécois à la Chambre des communes? Difficile à dire, mais une chose est certaine: la tendance lourde vers l’extinction permanente des Libéraux fédéraux du Québec ne sera pas modifiée par ce choix.

Quelques blogueurs de l’ouest canadiens croient que le nouveau chef libéral se retrouvera rapidement en panne. Eux aussi voient dans Dion une réincarnation de Trudeau, honni dans l’ouest pour sa politique nationale de l’énergie des années 70.

Même le NPD peut voir d’un bon oeil l’élection de Dion. La situation aurait été beaucoup plus difficile pour Jack Layton avec un Bob Rae à la tête des troupes libérales.

Somme toute, tous les partis fédéraux ont raison de se réjouir du choix des militants libéraux au terme de quatre tours de scrutin. Quant aux Libéraux eux-même, ils risquent d’avoir à se choisir un autre chef avant longtemps. Car le PLC aime deux choses, comme nous le rappelait le journal de ce matin: l’unité et le pouvoir…

Auger tombe dans le jovialisme

Par Claude Boucher
le 29 novembre 2006 à 08:11

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Classé dans Politique Québec

Ce matin dans Le Soleil, Michel C. Auger y va d’une chronique au ton franchement jovialiste, où il va jusqu’à annoncer la fin du trudeauisme et le début d’une nouvelle relation entre le Québec et le Canada, après l’adoption lundi soir, de la motion affirmant que « Que cette Chambre reconnaisse que les Québécoises et les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni; / That this House recognize that the Québécois form a nation within a united Canada ».

C’est une conception du Canada qui ne tient plus la route que chez certains nostalgiques de l’époque Trudeau. Au moins deux fois depuis 1988, la Cour suprême du Canada a explicitement reconnu la responsabilité particulière du Québec pour préserver la langue et la culture française, un principe qui fait maintenant partie de la jurisprudence.

[…]

Le changement n’est pas moins important au sein du Parti conservateur. Comme l’anti-communiste Nixon avait reconnu la Chine de Mao, c’est un Premier ministre issu de l’ancien Parti réformiste qui a fait le geste de faire voter tous ses députés – sauf un – pour reconnaître les Québécois comme nation. Cela aussi est un grand progrès, quand on sait que le Reform était partisan de l’égalité absolue des provinces et le grand adversaire de la notion de «société distincte».

La fin de la vision trudeauiste? Nixon en Chine? Pas du tout. Malgré ce que les députés fédéraux ont voté, on constate plutôt que les leaders politiques canadiens sont complètement dans le champ par rapport à l’opinion publique canadienne. Pour s’en convaincre, il suffit simplement d’écouter ou de lire les médias anglophones ou de regarder les résultats particulièrement significatifs du dernier sondage Léger/TVA.

Quand l’appui au concept de la nation québécoise tourne autour autour de 15 % dans le ROC et qu’on voit les politiciens canadiens qui ont voté pour la résolution tout faire pour changer le sujet, on ne peut honnêtement y voir de changement de cap.

Non, le Canada de 2006 vit dans le même déni de réalité que celui du 22 juin 1990. Les chances d’y voir reconnaître nos revendications traditionnelles (enchâssement de notre statut, compétences exclusives, veto, limitation du pouvoir de dépenser et fin de l’ingérence fédérale, règlement du déséquilibre fiscal, nomination des juges à la Cour suprême, etc.) sont mauvaises, voire pratiquement nulles.

La preuve sera faite en fin de semaine à Montréal lorsque les gardiens de l’orthodoxie négationniste choisiront Bob Rae ou Stéphane Dion comme premier ministre en attente.

La « réforme constitutionnelle de la dernière chance » est un mirage. Elle n’aura pas lieu parce que les Canadiens en ont assez de ce qu’ils interprètent comme un autre bluff du Québec.

À nous maintenant d’en prendre acte et de considérer avec lucidité les deux voies possibles qui s’offrent à nous : une province de Québec égale à celle de l’Île-du-Prince-Édouard dans la constitution de 1982 ou un Québec maître de son destin.

La nation québécoise s’exprime à Repentigny

Par Claude Boucher
le 28 novembre 2006 à 15:11

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Drôle de journée politique hier à Ottawa. D’abord, il y a cette motion reconnaissant que « les Québécoises et Québécois forment une nation à l’intérieur d’un Canada uni» (sic), qui nous a donné droit encore une fois au vrai visage du Canada: un pays ingérable, où la simple reconnaissance d’une réalité historique, sociologique et identitaire évidente fait remonter à la surface le profond fossé qui existe entre le Québec et le Canada. On a eu droit au mépris, à la mauvaise foi et aux sophismes les plus pernicieux. Business as usual, pour les négationnistes qui s’indignent à chaque fois que le mot Kwebek est mentionné.
Parallèlement à ce grand théâtre politique, l’élection partielle dans Repentigny qui se déroulait en même temps, avait pratiquement l’allure d’un sondage instantané sur le «coup de maître» de Stephen Harper. Il s’agissait d’une coïncidence, mais c’est tout de même intéressant.

Évidemment, il était écrit dans les astres que le Bloc obtiendrait une majorité dans cette circonscription aux racines indépendantistes très profondes, mais il est particulièrement instructif de constater que les troupes de Gilles Duceppe — qui auraient passé une mauvaise semaine selon la plupart des scribes passionnés de procédure parlementaire –, ont obtenu deux votes sur trois, soit plus que la dernière fois. De leur côté, less Conservateurs, à qui on prédisait une embellie avec leur “ouverture au Québec”, n’ont fait aucun gain et que les libéraux sont pratiquement relégués au statut de tiers parti, avec 5% des votes!

Il semble qu’en terme de gain politique à court terme, la manoeuvre improvisée de Harper n’a pas livré toutes ses promesses (sans compter la défaite à London et la démission du ministre qui était censé être responsable des affaires intergouvernementales, mais qu’on a tenu à l’écart des discussions sur la motion de Harper).