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Hydro-Québec

L’achat de Point Lepreau, une bonne affaire?

Par Claude Boucher
le 29 octobre 2009 à 23:10

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L’économiste le minarchiste critique la vente d’Énergie NB à Hydro-Québec en soulevant l’argument que la réfection en cours de la centrale nucléaire de Point Lepreau entraînera une hausse des coûts de production qui devront être refilés aux consommateurs néo-brunswickois sur la durée de la vie utile de la centrale.

L’un des problèmes principaux que je vois avec cette transaction est relié à la centrale nucléaire de Point Lepreau. Les tarifs actuels d’ÉnergieNB ne reflètent pas l’énorme dépassement de coût encouru par ÉnergieNB dans la remise à neuf de cette centrale. Ce projet devait coûter $1 milliard, mais il va vraisemblablement coûter entre $1.9 et $2.5 milliards. Il va falloir amortir cet investissement au cours de la vie utile de la centrale rénovée, ce qui sera négatif pour les profits puisque les tarifs seront gelés durant 5 ans.

Je ne suis pas d’accord. Les coûts cités dans les médias additionnent le coût de réfection de la centrale de 1,4 G$ et les coûts de remplacement de l’électricité importée pour combler l’absence du tiers de la production d’Énergie NB (4.3 TWh/), soit 1 M$ par jour . Le contrat avec EACL est un contrat à coût fixe, mais en raison du délai de 18 mois, le N.-B. aurait dû importer de l’électricité (du Québec sans doute) pendant toute cette période.

Si on prend pour acquis que le coût de remplacement de l’électricité est à 7,2¢/kWh (le coût de revient de Gentilly-2 après la mise à jour de 2012), ce qui est à peu près le prix marginal à HQP présentement (on exclut les éoliennes qui sont l’affaire de HQD), le coût de remplacement de l’électricité (4.3 TWh * 1,5 année = 6,5 TWh) serait de 468 M$, qu’elle va revendre pour 578 M$ (1/3 industriel @ 4,7¢ et 2/3 résidentiel et commercial @ 11¢), moins ce qu’elle va payer à TransÉnergie et à sa filiale de transport du N.-B.. Grosso modo, elle va arriver “even” en bon chinois.

Pour Énergie NB, la fermeture de Lepreau pendant 18 mois de plus, c’était une mauvaise affaire: perte de revenus de production, frais de transport, etc., mais si HQ achète sa propre électricité, ce n’est plus problème!

Le plus beau là-dedans, c’est qu’Hydro-Québec est une entreprise intégrée verticalement. Elle va faire des profits sur la production, le transport (2 fois) et la distribution.

Top 10 reasons not to sell NB Power to Hydro-Québec

Par Claude Boucher
le 29 octobre 2009 à 14:10

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Reading all the comments on the CBC website regarding the sale of NB Power to Hydro-Québec makes me a bit snarky. So, allow me to introduce you the top 10 reasons why NB Power should remain as it is today. Drum roll please…

10) NB Power is a money maker for the province. It made a $70 million profit last year (for a $1.5 billion business).
9) Paying more for power is good for energy conservation and makes New Brunswick industries run more efficiently.
8) New Brunswickers love power rate increases.
7) Burning oil and coal is an effective and sustainable way to produce electricity; it creates 300 good paying jobs in New Brunswick.
6) GHG reductions are for wimps. Real men don’t decrease their carbon footprint. And increased CO2 emissions will help forests grow faster.
5) We know oil prices won’t increase much in the coming years, so it’s a safe bet.
4) We can trust Danny Williams to sell NB Power whatever power it needs at a competitive price. Danny’s got all the power we need right now.
3) The NB Power management is second to none. They really know how to run a top-noch utility. They proved their foresight with deals such as the one with Venezuela with regards to Orimulsion.
2) NB Power doesn’t need hydro from Quebec. They can build a second nuclear plant at Point Lepreau on time and on budget.
1) We need to make sure the French are not taking over New Brunswick. The French are evil separatists.

Cue music…

Béchard renvoie Hydro à ses devoirs

Par Claude Boucher
le 4 février 2009 à 03:02

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La décision du ministre Claude Béchard qui a refusé le plan stratégique d’Hydro-Québec et l’oblige à refaire ses devoirs est très intéressante. On ne voit pas ça très souvent un ministre des Ressources naturelles qui sermonne Hydro (en public).

Mais la critique est justifiée dans les circonstances actuelles. Au cours des cinq dernières années, Hydro a joué avec brio la carte de l’arbitrage dans les marchés de l’électricité de New York et de la Nouvelle-Angleterre. Tellement bien en fait qu’il est maintenant normal d’entendre parler des bénéfices faramineux de la société d’État (qui reviennent indirectement dans nos poches de contribuables par les programmes gouvernementaux). On ne parle pas de pinottes. En 2007, on parle de 2,5 2,095 milliards $ de dividendes pour un chiffre d’affaire de 12 milliards $. On comprend pourquoi Claude Garcia salive à l’idée d’une privatisation qui ne fait aucun sens. Briser un monopole et le privatiser afin de faire augmenter les prix de 50% pour le consommateur? Dormiez-vous dans votre cours d’introduction à la microéconomie?

Revenons à nos oignons. Hydro est capable de bien jouer les bourses de l’énergie et de maximiser ses profits en profitant de sa capacité à pouvoir stocker (dans ses réservoirs) l’électricité achetée à bas prix au milieu de la nuit pour la revendre à profit à l’heure de pointe. Et le plan original devait probablement suggérer de poursuivre dans la même voie.

L’actionnaire évalue maintenant que le marché est revenu où il était dans les années 1980, au sortir de la récession. On doit vendre à long terme, pour garantir la demande et un bon financement tout en investissant rapidement pour être prêt au virage vert que les États-Unis devraient prendre sous la présidence Obama.

L’avantage d’Hydro dans un tel contexte est évident. On ne peut pas remplacer une centrale au charbon par un parc d’éoliennes. Or, le charbon sert à la charge de base de la plupart des réseaux électriques en Amérique du Nord, il est peu cher et il est modulable à souhait. Mais il pollue: émissions de GES, SO2, NOx, COV, particules fines… Le produit d’Hydro-Québec peut faire la même chose que du charbon, mais en beaucoup plus propre. Il peut le faire maintenant à un prix concurrentiel.

Avec le chantier d’Eastmain-1A-Sarcelle-Rupert en route (je ne serais pas surpris de le voir mis en service partiellement dès 2010) et l’évaluation environnementale de La Romaine presque complétée, je ne serais pas surpris de commencer à entendre parler d’un nouveau projet dans les prochains mois.

Déjà, il y a les projets d’interconnexions avec l’Ontario (1250 MW) et la ligne 735kV entre Chénier-Outaouais qui sera mise en service l’an prochain. Ensuite, une autre interconnexion en CC avec la Nouvelle-Angleterre (1200 MW), qu’on discute ces jours-ci au FERC (dossier EL09-20).

Des investissements à coups de milliards sont certainement les bienvenus dans le contexte des difficultés du secteur du papier et de l’aluminium, en grosse déprime. Voir à ce sujet la déclaration de Charest sur les huit centrales d’AbitibiBowater — 525 MW, dont McCormick à Baie-Comeau.

Pour le gouvernement Charest, l’heure est aux contrats bourassiens à long terme. Stimuler l’économie maintenant et vendre de l’électricité pour 20 ans est probablement la meilleure chose à faire dans les circonstances.

MAJ: Excellents arguments économiques en faveur du maintien de l’économie mixte par John Quiggin