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Politique Québec

Auger, Ryan et la clarté

Par Claude Boucher
le 6 décembre 2006 à 15:12

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Classé dans Politique Québec

Michel C. Auger ressort des boules à mites un extrait de la retranscription du témoignage de Claude Ryan à la Commission parlementaire sur le projet de loi C-20 sur la « clarté ». Le témoignage est très intéressant dans sa dénonciation du caractère anti-démocratique et anti-fédéraliste de cette loi, née de la plume de celui qui est devenu samedi, le nouveau chef libéral fédéral.

Comme d’habitude, les quelques fédéralistes qui lisent et commentent sur le blogue d’Auger évoquent immanquablement la non-clarté de la question dans leur dénonciation des écrits du chroniqueur politique. Mais ils évitent soigneusement de nous dire en quoi une question plus courte est plus claire!

Une question est d’autant plus claire qu’elle explique précisément, avec le plus de détails possible, ce qui est demandé.

Un tribunal qui rendrait des verdicts en une seule page serait certes expéditif, mais serait-elle plus claire que la Cour suprême, qui rend des jugements massifs de quelques centaines de pages, consignant toutes les nuances des différentes sources de droit avant de rendre un verdict qui a une portée précise et immédiate?

En matière de clarté, votre préférence irait certainement du côté du jugement — fleuve, en particulier s’il s’agissait d’une décision importante.

Mais la cour n’a fait que répondre à une question.

Prenons maintenant les trois questions suivantes : laquelle vous apparaît la plus précise, sur les intentions du gouvernement?

Question 1 — Question très précise, indiquant une marche à suivre et prévenant la personne qu’elle devra se prononcer de nouveau sur la question.

« Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures — ce qui est la souveraineté — et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie; aucun changement de statut politique, résultant de ces négociations, ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée, entre le Québec et le Canada? »

Question 2 — Question plus courte, faisant référence à un document en annexe :

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le [date]? »

Question 3 — Question « claire », qui ne serait pas dédaignée par un Jean Chrétien :

« Voulez-vous faire la séparation du Québec? »

Mais que veut-on dire par séparation? Propose-t-on d’utiliser des forceps pour physiquement écarter le Québec du continent nord-américain? Plus une question est courte, plus elle permet une interprétation erronée, qu’elle soit légitime ou non. Les questions courtes sont souvent beaucoup moins « claires »!

Et qu’on ne se trompe pas : ceux qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient en cochant oui ou non en 1980 ou 1995 étaient plus rares que ne le prétendent certains. Les chefs fédéralistes de cette époque ont gagné deux fois en dramatisant la « séparation ».

Combien d’électeurs ont pensé que le vote négatif de 1980 signifierait un renouvellement du fédéralisme favorable au Québec? Combien d’autres ont pensé en 1995 qu’un « non » voudrait dire une reconnaissance du statut distinct du Québec au sein du Canada?

Les fédéralistes ne posent pas ces questions parce qu’ils ne veulent pas admettre que les chefs fédéralistes québécois ont menti aux Québécois à ces deux occasions!

Duceppe devra décider

Par Claude Boucher
le 6 décembre 2006 à 00:12

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Classé dans Politique Québec

Les résultats d’un sondage TVA/Léger Marketing vont en faire jaser plus d’un aujourd’hui au Québec et à Ottawa.

Il semble que l’arrivée de Stéphane Dion à la tête du PLC ait donné une impulsion au controversé père de la « clarté ». Voici les résultats du sondage Léger effectué les 4 et 5 décembre auprès de 600 Québécois (entre parenthèses, résultats du 26 nov.)

Bloc: 37 (39) -2
PLC: 35 (26) +9
Con: 17 (20) -3
NPD: 6 (10) -4

Il est indéniable que Dion a eu un bon bump post-congrès et l’allure ce cette saute d’humeur des Québécois se compare à celle des Ontariens, enregistrée dans le Strategic Counsel de CTV. Du jour au lendemain, tous les autres partis saignent un peu. La nation n’aide pas vraiment les conservateurs, le « spin » au sujet de la « bourde » du Bloc ne l’affecte pas trop non plus. Cependant, le NPD, refuge des fédéralistes insatisfaits y perd presque la moitié de ses appuis.

Voici ce que je pense que ça signifie, pour tout le monde:

Stéphane Dion et le PLC

Dion a droit à une lune de miel. Il n’a rien à prouver pour le moment, sauf qu’il incarne des valeurs plus modérées que les conservateurs. Pour le moment, plusieurs Québécois ouvertement souverainistes (Dan Bigras à bazzo.tv en était un) souhaitent un changement de gouvernement à Ottawa. Le problème avec les bumps conjoncturels, c’est qu’ils ne durent pas toujours très longtemps. Parlez-en à Stephen Harper, qui a été lavé politiquement au Québec à compter de la guerre au Liban.

Tant que le débat continue de tourner sur la performance de Stephen Harper, Dion a la dragée haute. L’insatisfaction d’une certaine proportion de l’électorat pro-environnement, réfractaire aux valeurs de la droite fondamentaliste veut du changement tout de suite, quitte à se pincer le nez.

Stephen Harper et les Cons.

Stephen de Calgary a besoin de se faire des amis au Québec et les circonstances présentes l’incitent à regarder (discrètement, bien sûr, le Bloc n’est pas montrable outre-Outaouais) du côté du Bloc Québécois, qui constitue sa seule planche de salut pour prolonger leur gouvernement au-delà du 15 février.

Personne d’autre ne peut donner une autre année de pouvoir à Stephen Harper. Personne. Cependant, Harper doit faire attention de faire des clins d’oeil au Québec, sans que ça paraisse ailleurs. Pas question pour lui d’embarquer dans un autre débat sur la nation qui l’affecte dans le ROC. Et en plus de tout ça, il faut qu’il fasse en sorte que Jean Charest gagne un avantage politique dans un éventuel règlement du déséquilibre fiscal ou dans une loi qui limite le pouvoir de dépenser d’Ottawa.

Le problème de Harper, c’est qu’il doit aller chercher le Québec, mais il représente le troisième parti ici, sans parler de la faiblesse de ses portes-paroles. Lawrence Cannon a vraiment foiré dans l’affaire de la nation.

Gilles Duceppe et le mouvement souverainiste

Le chef souverainiste à Ottawa jouera dans les prochains mois une phase cruciale de son rôle dans un scénario, qui, s’il est bien mené, pourrait créer une condition gagnante dans la grande toile stratégique d’accession à la souveraineté.

Charest voudra demander une réforme de la péréquation, Duceppe devra demander des points d’impôt. Pour l’éducation, pour la santé et les services sociaux, pour les infrastructures. Il doit taper le clou que nous voulons récupérer ce que nous envoyons à Ottawa, de « rendre à César ce qui appartient à César ». Il doit, en coordination étroite avec André Boisclair, se lancer dans une offensive contre « Charest le quêteux, qui doit continuellement quêter sa pitance d’Ottawa ».

La grosse carte de Gilles Duceppe vient de son pouvoir d’appuyer le gouvernement sur un vote de confiance, comme le prochain budget. Cette carte ne pourra servir qu’une fois et elle a une date de péremption. Elle comporte aussi des risques (quelques Bloquistes de moins dans le prochain parlement, ce n’est pas trop grave) mais de perdre à Québec signifierait la fin d’André Boisclair et quatre ans de plus à l’Opposition provinciale en plus d’installer définitivement Québec solidaire dans l’arène politique. Le PQ se réorganise autour d’une autre personnalité (Facal, Legault, Marois qui revient en scène petit à petit, Landry pourrait-il songer à un retour?)

S’il refuse le deal, il pourrait perdre quelques plumes supplémentaires tout de suite, dans un duel fédéral contre Harper et Dion. Cependant, le sacrifice des Bloquistes épargnerait peut-être la défaite au PQ, puisque Charest devrait repousser les élections à l’automne 2007 et Boisclair aurait peut être l’occasion de briller dans certains débats…

Dion, chef libéral… Harper doit sabrer le champagne!

Par Claude Boucher
le 2 décembre 2006 à 21:12

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Classé dans Politique Québec

Qui aurait cru… Non, les voix du Québec n’ont pas été déterminantes dans le choix d’un nouveau chef pour le Parti libéral du Canada qui a choisi l’intégriste fédéraliste, le Québécois mange canayen au dépens de Michael Ignatieff, un intellectuel brillant, quoique visiblement déconnecté des réalités canadiennes.

Oui, le même Stéphane Dion qui est la tête de turc des Québécois depuis l’adoption de l’anti-démocratique «loi sur la clarté», celui qu’on a décrit comme un «rongeur», un «boute-feu» ou un Pierre Laval deviendra possiblement le prochain premier ministre du Canada.

Pour les souverainistes, c’est tout de même inespéré. L’inflexibilité idéologique et la logique trudeauiste reprennent du service à la tête du «Natural Governing Party» du Canada. Avec un Dion à la tête du PLC, les tenants du fédéralisme renouvelé n’ont qu’à bien se tenir. Une seule option ne trouve grâce aux yeux de Dion. Celle du Québec au service d’une vision «canadian» du monde, la poursuite de la fuite en avant multiculturaliste, où l’identité québécoise est aussi peu importante que celle des Ukrainiens de la Saskatchewan, ou celle des Chinois de Vancouver. We’re all Canadian, right?

Pour les Conservateurs, c’est une bonne affaire aussi. Au Québec, le parti de Stephen Harper pourra prendre plus de place et faire le plein du vote fédéraliste francophone, en raison notamment de la désaffection manifestée par une bonne partie des militants québécois du PLC, qui a fait bloc derrière la candidature de Michael Ignatieff. Quel impact sur la distribution des sièges québécois à la Chambre des communes? Difficile à dire, mais une chose est certaine: la tendance lourde vers l’extinction permanente des Libéraux fédéraux du Québec ne sera pas modifiée par ce choix.

Quelques blogueurs de l’ouest canadiens croient que le nouveau chef libéral se retrouvera rapidement en panne. Eux aussi voient dans Dion une réincarnation de Trudeau, honni dans l’ouest pour sa politique nationale de l’énergie des années 70.

Même le NPD peut voir d’un bon oeil l’élection de Dion. La situation aurait été beaucoup plus difficile pour Jack Layton avec un Bob Rae à la tête des troupes libérales.

Somme toute, tous les partis fédéraux ont raison de se réjouir du choix des militants libéraux au terme de quatre tours de scrutin. Quant aux Libéraux eux-même, ils risquent d’avoir à se choisir un autre chef avant longtemps. Car le PLC aime deux choses, comme nous le rappelait le journal de ce matin: l’unité et le pouvoir…

Auger tombe dans le jovialisme

Par Claude Boucher
le 29 novembre 2006 à 08:11

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Classé dans Politique Québec

Ce matin dans Le Soleil, Michel C. Auger y va d’une chronique au ton franchement jovialiste, où il va jusqu’à annoncer la fin du trudeauisme et le début d’une nouvelle relation entre le Québec et le Canada, après l’adoption lundi soir, de la motion affirmant que « Que cette Chambre reconnaisse que les Québécoises et les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni; / That this House recognize that the Québécois form a nation within a united Canada ».

C’est une conception du Canada qui ne tient plus la route que chez certains nostalgiques de l’époque Trudeau. Au moins deux fois depuis 1988, la Cour suprême du Canada a explicitement reconnu la responsabilité particulière du Québec pour préserver la langue et la culture française, un principe qui fait maintenant partie de la jurisprudence.

[...]

Le changement n’est pas moins important au sein du Parti conservateur. Comme l’anti-communiste Nixon avait reconnu la Chine de Mao, c’est un Premier ministre issu de l’ancien Parti réformiste qui a fait le geste de faire voter tous ses députés – sauf un – pour reconnaître les Québécois comme nation. Cela aussi est un grand progrès, quand on sait que le Reform était partisan de l’égalité absolue des provinces et le grand adversaire de la notion de «société distincte».

La fin de la vision trudeauiste? Nixon en Chine? Pas du tout. Malgré ce que les députés fédéraux ont voté, on constate plutôt que les leaders politiques canadiens sont complètement dans le champ par rapport à l’opinion publique canadienne. Pour s’en convaincre, il suffit simplement d’écouter ou de lire les médias anglophones ou de regarder les résultats particulièrement significatifs du dernier sondage Léger/TVA.

Quand l’appui au concept de la nation québécoise tourne autour autour de 15 % dans le ROC et qu’on voit les politiciens canadiens qui ont voté pour la résolution tout faire pour changer le sujet, on ne peut honnêtement y voir de changement de cap.

Non, le Canada de 2006 vit dans le même déni de réalité que celui du 22 juin 1990. Les chances d’y voir reconnaître nos revendications traditionnelles (enchâssement de notre statut, compétences exclusives, veto, limitation du pouvoir de dépenser et fin de l’ingérence fédérale, règlement du déséquilibre fiscal, nomination des juges à la Cour suprême, etc.) sont mauvaises, voire pratiquement nulles.

La preuve sera faite en fin de semaine à Montréal lorsque les gardiens de l’orthodoxie négationniste choisiront Bob Rae ou Stéphane Dion comme premier ministre en attente.

La « réforme constitutionnelle de la dernière chance » est un mirage. Elle n’aura pas lieu parce que les Canadiens en ont assez de ce qu’ils interprètent comme un autre bluff du Québec.

À nous maintenant d’en prendre acte et de considérer avec lucidité les deux voies possibles qui s’offrent à nous : une province de Québec égale à celle de l’Île-du-Prince-Édouard dans la constitution de 1982 ou un Québec maître de son destin.

La nation québécoise s’exprime à Repentigny

Par Claude Boucher
le 28 novembre 2006 à 15:11

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Classé dans Politique Québec

Drôle de journée politique hier à Ottawa. D’abord, il y a cette motion reconnaissant que « les Québécoises et Québécois forment une nation à l’intérieur d’un Canada uni» (sic), qui nous a donné droit encore une fois au vrai visage du Canada: un pays ingérable, où la simple reconnaissance d’une réalité historique, sociologique et identitaire évidente fait remonter à la surface le profond fossé qui existe entre le Québec et le Canada. On a eu droit au mépris, à la mauvaise foi et aux sophismes les plus pernicieux. Business as usual, pour les négationnistes qui s’indignent à chaque fois que le mot Kwebek est mentionné.
Parallèlement à ce grand théâtre politique, l’élection partielle dans Repentigny qui se déroulait en même temps, avait pratiquement l’allure d’un sondage instantané sur le «coup de maître» de Stephen Harper. Il s’agissait d’une coïncidence, mais c’est tout de même intéressant.

Évidemment, il était écrit dans les astres que le Bloc obtiendrait une majorité dans cette circonscription aux racines indépendantistes très profondes, mais il est particulièrement instructif de constater que les troupes de Gilles Duceppe — qui auraient passé une mauvaise semaine selon la plupart des scribes passionnés de procédure parlementaire –, ont obtenu deux votes sur trois, soit plus que la dernière fois. De leur côté, less Conservateurs, à qui on prédisait une embellie avec leur « ouverture au Québec », n’ont fait aucun gain et que les libéraux sont pratiquement relégués au statut de tiers parti, avec 5% des votes!

Il semble qu’en terme de gain politique à court terme, la manoeuvre improvisée de Harper n’a pas livré toutes ses promesses (sans compter la défaite à London et la démission du ministre qui était censé être responsable des affaires intergouvernementales, mais qu’on a tenu à l’écart des discussions sur la motion de Harper).

Le Bloc et la nation: repli tactique, gain stratégique

Par Claude Boucher
le 24 novembre 2006 à 18:11

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Classé dans Politique Québec

Contrairement à plusieurs, je crois que Gilles Duceppe nous a montré une stratégie digne de Sun Tzu ! Il propose (et ce n’est pas la première fois) une motion parfaitement correcte et qui ne fait qu’énoncer l’évidence même : la nation québécoise existe.

Harper lui vole le texte, le fait sien et ajoute cinq mots (qui ne sont que du vent, parce qu’une fois souverains, les Québécois ne seront plus dans un « Canada uni ») pour se faire du capital politique sur le dos des souverainistes. Trop contents de l’astuce du premier ministre, les Libéraux et Néo-démocrates sautent à pied joint dans le piège.

Jeudi, au profit d’une savante mise en scène, MM. Duceppe (il a du talent pour le théâtre, comme son père !) et Michel Gauthier déchirent leurs chemises en pleine Chambre des communes. La performance est tellement convaincante que même Stéphane Dion et Bob Rae se revendiquent maintenant en tant que « défenseurs » de la nation québécoise !

Il ne restait plus qu’à refermer le piège. Vendredi matin, le Bloc annonce qu’il votera pour la motion. Les fédéralistes ne peuvent plus se défiler. Pris au piège, ils devront voter pour, eux aussi ! Repli tactique du Bloc, victoire symbolique et stratégique du Québec.

Wow!

Par Claude Boucher
le 24 novembre 2006 à 00:11

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Classé dans Nos amis canadiens, Politique Québec

Je conseille à quiconque est intéressé dans la politique chez nos voisins Canadiens de lire les blogues politiques et les pages d’opinion des journaux de Toronto, Edmonton et Ottawa. J’y trouve chaque jour un fertilisant abondant pour cultiver ma conviction que le Québec Et le Canada ont tout à gagner de la souveraineté politique du Québec.

Il faut voir ces gens ordinaires de Toronto, Oshawa, Lethbridge et Saskatoon déchirer leurs chemises en menaçant soit:

Nostalgique de Diefenbaker et de Trudeau, Andrew Coyne du National Post pleure le fait que le Canada se vide de toute substance. Car pour lui, le Canada ne peut se concevoir dans toute forme de pacte entre le Québec et les provinces. Il se doit d’être « national », unitaire, avec le Canada qui parle et un Québec qui devrait connaître sa place. Sois belle, province de Québec, et tais-toi.

Quebec nationalists are entitled to argue that Quebec is a nation all they want. But somewhere, sometime, somebody has to put the other proposition: that Canada is a nation; that Quebecers are a part of that nation; that they have as much or more in common with other Canadians as they do with each other.

Le problème de M. Coyne, c’est qu’il refuse de voir la réalité en face. Les Québécois forment une nation et qu’ils ont compris qu’ils n’ont finalement pas tant de choses que ça en commun avec le Canada.

Le problème du Canada, c’est qu’il refuse d’admettre qu’on ne peut forcer le Québec à renier 250 ans de résistance à l’assimilation. D’où les propositions farfelues comme d’accorder le statut de nation à l’Île-du-Prince-Écouard au nom de l’équité.

Mais tout cela est un peu stérile et attendu de ceux qui affirmaient que Meech et Charlottetown en donnait trop au Québec. Ce qui estg de plus en plus répandu par contre, c’est le développement d’une nouvelle attitude plus réaliste. Celle de dire que la souveraineté du Québec est inévitable et qu’il serait préférable que le Québec sorte du Canada une fois pour toutes.

Je suis d’accord et je pense qu’il s’agit là d’une excellente façon de régler le problème du Canada et du Québec. La souveraineté est l’aboutissement logique du nationalisme québécois et les plus lucides l’ont compris.

Voilà peut-être une conséquence heureuse et imprévue de ce que Gilles Duceppe a mis en marche en déposant sa motion reconnaissant que « les hommes et les femmes du Québec forment une nation ».

Le problème avec Québec solidaire…

Par Claude Boucher
le 30 octobre 2006 à 15:10

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Classé dans Politique Québec

J’ai un problème avec les propos du « militant progressiste et membre de Québec solidaire », Paul Cliche, que le site Vigile a publié aujourd’hui. Dans ce texte, l’auteur se dit déçu que la direction péquiste ait plus ou moins tassé la question de la nationalisation de l’énergie éolienne lors du dernier Conseil national du Parti Québécois, tenu en fin de semaine.

Je ne doute pas ni de la conviction souverainiste des Solidaires, ni de celles qu’ils ont à l’égard de leurs « bonnes causes », qui sont souvent les miennes. D’un autre côté, il faut éviter la précipitation. Voici un extrait symptomatique, du texte de Chiche:

La position de M. Boisclair sur l’énergie éolienne ressemble d’ailleurs beaucoup plus à celle du premier ministre Charest qu’à celle du Conseil national de son parti. J’espère que les progressistes encore fidèles au PQ comprendront enfin la leçon.

D’abord, la position de Boisclair n’est pas celle de Charest et Béchard. Charest refuse que HQ Production acquière l’expertise éolienne en soumissionnant sur des projets. De ce que je comprends de l’attitude du leadership péquiste, elle est au contraire favorable à ce que HQP développe des propositions, une fois que le processus des premiers 3000 MW commandés ou en construction sera complété.

L’attitude pragmatique de Boisclair est intéressante. D’abord, elle évite au PQ de se prononcer sur certains éléments du plan environnemental du PQ qui auraient pu susciter des controverses : péage au centre-ville de Montréal, abandon du pont de la 25, prolongation du métro de Laval, phase 2… Ensuite, le nouveau chef montre qu’il est capable de tenir en selle la base péquiste militante.

D’un autre côté, la base militante progressiste du PQ utilise la tribune du Conseil national pour faire avancer une idée qui fera son chemin dans l’imaginaire populaire. Rome ne s’est pas construite en un jour et des gens du calibre de Marc Laviolette le savent très bien. Rien de tel pour l’exposure qu’une bonne chicane de péquistes! L’invocation, pratiquement mythologique, de René Lévesque durant le débat, lance aussi un message. Le « père d’Hydro-Québec » ne s’est-il pas battu bec et ongle avec Jean Lesage et les money men libéraux pour faire progresser le projet, dès 1960?

* * *

C’est à ce moment-ci que nous retournons au propos principal : nos amis les Solidaires. En passant, où était Mme David le week-end dernier? Justement. Là est le problème. Qu’a-t-on retenu de leur Conseil national? Que M. Kadr est rétrogradé au titre de porte-parole principal (mais pas trop principal)? Et sur le message? Québec solidaire, le parti des progressistes, partisans de la souveraineté, n’ont pas de programme sur la question nationale. Mais ils en auront un… en novembre. Ce parti sent à la fois la réunionite aigüe (« que celles et ceux qui sont en faveur de peindre les murs en turquoise lèvent la main ») et l’improvisation totale.

En essayant de se positionner à gauche de la gauche, en francs-tireurs, Françoise David et ses troupes essaient de diviser le mouvement au moment où il doit préparer un réalignement vers le centre et le pouvoir, dès l’automne 2007. Il faudra ratisser large pour gagner l’an prochain. Il faudra aller piquer des voix chez Dumont, et même chez les Libéraux. Ces électeurs sont souvent sympathiques au message souverainiste, mais plus sceptiques envers un message plus socialisant. Pourquoi toujours se tirer dans le pied?
Le PQ doit couvrir le centre de l’échiquier politique pour espérer former le prochain gouvernement, première étape nécessaire vers l’accession à la souveraineté. Il doit aussi remplacer le gouvernement actuel : le Québec pourrait-il supporter quatre autres années sous la coupe du « frisé »? Québec solidaire choisit implicitement de nuire à ses deux principaux idéaux : la construction d’une société plus juste (une société, c’est jamais du tout ou rien) et l’indépendance du Québec.

On a abondamment traité de l’élection américaine de 2000. Françoise Davis veut-elle vraiment devenir la Ralph Nader du Québec?

L’empereur est nu

Par Claude Boucher
le 28 octobre 2006 à 17:10

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Classé dans Politique Québec

Je dois admettre que je suis plutôt amusé par le débat existentiel qui secoue le Canada depuis l’adoption, la semaine dernière, d’une motion de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada au sujet d’une reconnaissance de principe de la Nation québécoise.

Ce débat qui passionne tant le Canada fait sourire au Québec. Après tout, nous n’avons certes pas besoin de la permission ou la bénédiction des élites de Toronto pour reconnaître ce que nous sommes. Le Québec est une nation, parce que les Québécois s’identifient à cette nation. C’est ce que nous sommes. Point final.

Depuis 30 ans, on peut regrouper les membres de la nation québécoise en trois groupes :

  1. le premier, regroupe ceux et celles qui croient que le Québec devrait larguer les amarres et devenir un État-nation en bonne et due forme, le plus rapidement possible. Ce groupe, qui réunit 40 à 50 % des Québécois, rassemble les péquistes, les solidaires et certains adéquistes.
  2. le groupe réunit ceux qui pensent que le Québec pourrait éventuellement devenir un État-nation en bonne et due forme, mais qui expriment certaines craintes, notamment en matière économique. Ils se disent « Québécois» et ils ajoutent parfois « Canadiens» (plus timidement). Ils représentent 30-45 % de la population, dont la plupart des partisans du PLQ et certains adéquistes.
  3. Enfin, il y a le groupe négationniste, nostalgique des Montagnes Rocheuses et de Pierre-Elliott Trudeau. Pour eux, le statu quo est parfaitement acceptable en attendant la lente dilution de la nation québécoise dans une identité multiculturelle, la grande mosaïque canadienne. Ceux-là, ils représentent entre 15 et 25 % de la population et on les retrouvait jusqu’à récemment dans la minorité anglophone, ainsi que ses alliés francophones, rois nègres locaux de l’indirect rule, le Parti libéral du Canada.

Le dernier quart de siècle a montré l’essoufflement, voire la faillite de la pensée négationniste au Québec. « Nuit des longs couteaux », rapatriement unilatéral de la Constitution, échecs du Lac Meech et de Charlottetown, promesses brisées, scandale des commandites; tous ces événements ont pas mal détruit le capital de sympathie des purs et durs du fédéralisme canadien, coast to coast.

Ces purs et durs du fédéralisme canadien à tout crin doivent faire un geste afin de regarnir les rangs, notamment auprès de la majorité francophone. C’est dans ce contexte qu’on doit interpréter la résolution — bien timide par ailleurs —, de l’aile québécoise du PLC.

Il s’agit pourtant d’un débat dérisoire pour la majorité des Québécois, et c’est pourquoi la motion, vue comme une grave menace à Toronto, est passée relativement inaperçue ici. Quelques commentaires ici et là de certains retraités de la politique québécoise – Claude Morin et Bernard Landry – quelques chroniques sur le ton amusé. Remarquez qu’après toutes ces années, on commence à connaîte la chanson.

Pourquoi? Tout simplement parce que cette reconnaissance est parfaitement vide de sens. L’élite politique et l’intelligentsia torontoise devraient plutôt consacrer un peu de temps à construire sa propre identité, distincte celle de son voisin du sud, plutôt que de venir parasiter notre propre identité québécoise.

La police montée, le chemin de fer transcontinental, k.d. lang et le multiculturalisme, version édulcorée du melting pot états-unien, on vous le laisse, chers voisins Canadiens. Sur le plan de l’identité, vos conseils sont ceux d’un cordonnier mal chaussé. Car la question n’est plus de savoir « What does Quebec want? », mais plutôt « What does Canada want? ». Et sur ce plan, l’empereur est bien nu…

Et après ça, on dira que le Bloc ne sert à rien…

Par Claude Boucher
le 25 octobre 2006 à 22:10

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Je commence à vraiment aimer la guerilla que mène l’Opposition à la Chambre des communes. Après le projet de loi libéral sur Kyoto et le sabotage d’une des lois du bonhomme 7 heures Vic Toews, la Chambre basse du parlement canadien a adopté en 2e lecture le projet de loi C-257, un amendement au Code canadien du travail qui interdit l’embauche de briseurs de grève dans un conflit de travail. Le projet de loi est une copie de la loi anti-scab (Loi 45) adoptée par le gouvernement péquiste de René Lévesque… en décembre 1977!

Le parrain de ce projet de loi, le bloquiste Richard Nadeau (BQ-Gatineau) a réussi là où le Bloc avait échoué à 9 reprises (le premier député à déposer un tel projet fut un certain Gilles Duceppe en 1990), en raison de l’opposition systématique des conservateurs et des libéraux. Cette fois-ci, les Libéraux ont voté du bon bord. Marque finale: 167 pour, 101 contre.

Après ça, on dira que le Bloc ne sert à rien à Ottawa!